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MICHEL AVALON, La flamme Ferré
L’interpréter sans piano pourrait tenir presque de l’hérésie tant la gestation du musicien Léo Ferré est arrimée au clavier, qu’il soit Erard, Pleyel, Steinway ou bien plus modeste. Mais le « piano du pauvre » fait parfaitement l’affaire quand le cœur et le talent sont là. Accompagné par Claude Delrieu à l’accordéon (et aussi aux guitares, banjo, basse, percussions), Michel Avalon livre, avec sa voix sans fard et sa guitare, des reprises du Ferré de toutes ses époques et donc « de toutes les couleurs ». La sobriété et la variété rythmique des arrangements originaux soulignent la diversité des lignes mélodiques et la richesse des rimes poétiques. 20 ans déjà que « le Mec d’outre saison » est parti en léguant ses œuvres à une foule de repreneurs qui donnent parfois l’impression de « faire le travail »… Michel Avalon s’en distingue par la sincérité de la démarche qui se double d’une musicalité toute de délicatesse et d’harmonie.
Claude Frigara
MICHEL AVALON, De toutes les couleurs (Exil productions)
http://www.exilprod.com |
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VOLIN, rock sensible
Volin (anciennement Volin’Quartet) s’écrit désormais à trois. Le groupe sort un premier EP cinq titres avec cette nouvelle formule en trio menée avec élégance par Colin Vincent (guitare/chant), par ailleurs guitariste du groupe Iaross. Avec aussi Romain Delorme aux claviers analogiques et à la basse, et Maxime Rouayroux à la batterie. Dans le même sillon des chansons rock à textes, Volin emprunte les chemins sinueux du rock progressif et planant. Poussé par des influences anglo-saxones comme Radiohead et Sigur Ros, le trio tisse sa toile entre psychédélisme, sons jazzy et rock français. Un rock sensible emmené par des textes en français, qui donnent corps et poésie à l’ensemble. Le groupe avait d’ailleurs consacré un spectacle hommage à Alain Bashung en 2012, une autre de ses références. Une musique entêtante et mélancolique qui peut aller loin.
Lucile Pinault
VOLIN, Volin (autoproduction)
http://volin.bandcamp.com |
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CHOZPAREÏ, Tout électriques !
C’est déjà le quatrième album. Pour certains combos, c’est celui des décisions. Pour les Montpelliérains, c’est vite vu : un virage rock, tout en en gardant les racines, celles-là mêmes qui ont fait qu’on les a aimés, instinctivement, instantanément. Ce nouveau disque de 11 titres s’ouvre sur des notes douces et un flow presque « Dimonéen » lorsque débarquent, après un court silence, les guitares avec Fleurs. Il faut attendre la troisième chanson pour retrouver véritablement la touche initiale du groupe avec les notes à notes de Traits blancs. Comme de coutume, les paroles apparaissent somptueuses, écoutez bien Le poison. L’Occitanie, langue de patrie, n’est pas oubliée, à en croire et surtout à en savourer La Gallineta. Définitivement installés comme valeur sûre de la nouvelle scène française, c’est bien sur les planches qu’il faut se rendre compte de la valeur de ce genre de choses, parce que sur scène avec ses six là, ce n’est pas pareil !
Bruce Torrente
Chozpareï (Les cruches à Nelly)
http://www.CHOZPAREI.com
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GRUGRü, Rock Sex and Sax
En février 2010, trois amis musiciens en manque de rock’n’roll décident de former un groupe. Avec en poche les premiers jets de cette musique qu’ils veulent résolument instrumentale et surprenante, les trois musiciens partent à la recherche d’un quatrième membre. Loic Mounier, saxophoniste, se présente alors et intègre le trio devenu quartet. Et là, c’est la véritable naissance de Grugrü. Pourquoi Grugrü ? Parce que Jack Dupon ! Ne cherchez pas, c’est du Grugrü. Vous sentez comme l’on prend plaisir à prononcer ce nom de groupe ? Et la musique, vous sentez comme… Hé bien non, vous ne sentez pas puisque vous hallucinez sur la surpuissance détonante d’un rock anabolisé dont le chant est tenu par… Le sax ? La surprise est totale, le concept est gonflé mais l’ensemble est loin d’être gonflant. 10 titres dont le salvateur « Un poil Plus Singe » et le tour est joué : pas trop grasgras, ni trop grogro mais fortement Grugrü. Une perle dans un océan de moules.
Bruce Torrente
Grugrü (Autoprod)
www.grugrü.eu |
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LES MADELEINES, Sérénissimes
Ils ont 15 ans. Oui, Les Madeleines sont au masculin. Ils semblent y tenir, ce groupe catalan composé il est vrai de sept musiciens et d’une seule chanteuse, mais quelle chanteuse et parolière, Maya Lesné ! Leur quatrième album, à la pochette superbe, tutoie le soleil méditerranéen, avec des portraits hauts en couleurs musicales. Cuivres, accordéon, percussions, la danse rythme le voyage avec ce qu’il faut de romantique pour l’habiller. En espagnol, en italien et en français, la joyeuse sarabande égrène la mélancolie des fêtes enfuies dans la nuit puis retrouvées dans le bleu des aubes renaissantes. Le temps d’un cri du cœur pour Durruti, mal orthographié mais bien salué, d’une valse à faire se retourner « le lait caillé des idées », d’un rock enlevé avec trompette et saxo, d’une salsa « de gracia » aux accents gitans, et le paradis se referme sous la lune vénitienne. Un enchantement à retrouver comme le soleil, sur les places et sur les scènes.
Claude FRIGARA
LES MADELEINES, Paradiso Perduto (Va Moudre ! Productions)
http://lesmadeleines.meabilis.fr |
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ZEBOWKA, le nouveau Herman Düne

Nouveau nom, nouvel univers, mais un amour intact pour la folk. Derrière Zebowka, nous retrouvons les frères Filippini, Matthieu et Damien, connus sous le nom Côme + NERK, avec Ceddy Gonod. Contrairement au précédent projet chanté en français, Zebowka se décline en anglais. Fan d’un autre duo de frères folk rock, les franco-suédois Herman Düne, Zebowka livre un premier album plein de promesses. Sur les pas de Bob Dylan, Crazy Zoo nous emmène en voyage, sur des routes désertiques et poussiéreuses, où il est question de liberté, de grands espaces (Booms), de solitude, de ville aussi. Qu’elles soient entraînantes (Lonestar) ou plus tristes et épurées (Oh goss !), ces onze chansons aux sonorités de farwest nous embarquent du début à la fin. Des arrangements fins, des instruments plus présents (guitares, percussions, batterie, ukulélé, cordes) et un grain de voix mi-grave mi-medium charmant et nonchalant… Les recettes d’un groupe à suivre.
Lucile Pinault
ZEBOWKA, Crazy Zoo
http://zebowka.bandcamp.com |
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IAROSS, A l’infinitif présent
Avec ce deuxième disque, Renverser, Iaross persiste et signe d’un double coup de son archet de violoncelliste : on peut donc en 2013 écrire, jouer et chanter au bord du gouffre, en lui tournant le dos. Le gouffre qui s’ouvre sur la « catastrophe structurelle » vécue par l’industrie musicale ? Non ! Le trou béant, la vacuité persistante de la littérature chantée. Très peu d’artistes, largement diffusés, font aujourd’hui des chansons qui disent quelque chose. Les chanteurs perceraient-ils au hit-parade de l’illettrisme intellectuel, juste après certains footballeurs ? Nicolas Iarossi, avec Germain Lebot, batteur, et Colin Vincent, guitariste, donne à entendre des textes sensibles, poétiques et profonds, des musiques harmonieuses et fulgurantes, en chantant en percussion avec ses rêves, sa virtuosité d’instrumentiste et ses aspirations libertaires. Renversant.
Claude Frigara
IAROSS, Renverser (Autoproduction)
www.iaross.com |
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