Mars 2013
Manger du cheval ?
Manger du cheval ? Pourquoi pas. Je connais des contrées « où l’on mange de l’homme à la criée ». Le problème c’est pas la bête.
Quelque part, comme on dit sur le divan, quelque part « on nous élève pour nous becqueter ». Alors… Ça ne devrait étonner personne.
Non, le problème c’est l’imposture. Ceci est mon corps, ceci est mon sang, ça passe. Mais tiens v’là du bœuf alors que l’étiquette hennit, il y a maldonne.
Les imposteurs sont partout, sous des masques, des pouvoirs, des jargons, des conventions… Mais quand la posture se révèle, quand le mensonge se fissure, il faut réamorcer la pompe, faire un exemple, traduire et traduire en justice ou dans les medias pour bien montrer qu’on ne nous la fait pas.
Et que la robe du magistrat ou le micro-cravate du journaliste ne sont pas un travestissement de plus.
Sinon quoi ? On nous ferait prendre des vessies pour des lanternes, la droite pour la gauche, les farines animales pour des céréales, le mangeable pour l’immangeable, les contrats aidés pour une politique contre le chômage, le syndicalisme pour la lutte des classes, Marion Cotillard pour Edith Piaf, David Guetta pour la tête d’affiche de Marseille capitale européenne de la culture…
Vous n’y pensez vraiment pas !
Claude Frigara
Janvier 2013
Que sera... sera ?
Après une année chargée en émotions (Sarko sorti, Montpellier Champion), les espoirs pour 2013 sont aussi minces que la couche d'ozone. Ce que nous avions évité avec la droite, la gauche nous le sert avec assez de verve pour qu'il ne soit nul besoin qu'un autre nous le serve.
J'entends d'ici les mauvaises langues et les oiseaux de mauvaise augure: "2012 année d'la loose, 2013 année d'la ..."
Mais non ! Gardez l'espoir, chers amis, car 2013 est l'année du Serpent et elle est le plus souvent caractérisée par un calme relatif et par une certaine sagesse collective. On commencera à se rendre vaguement compte de la futilité de l'agitation humaine, et on se sentira plus porté vers la philosophie et la méditation.
L'année sera donc avant tout favorable aux études et à la pensée. C'est la culture qui affinera et ennoblira votre personnalité ; grâce à elle, vous vous sentirez moins prisonnier de votre origine animale et plus proche des anges, à moins que vos conditions de vie ne vous l'interdisent !
STOP : mais nos conditions de vie nous l'interdisent ! Donc que 2013 soit agitée, pleine de changements, d'insolences, d'irrévérences. Merde à la censure, merde aux riches, merde à la poussière, merde aux prétentieux, aux économistes et à tous ceux qui ne pourront imaginer un jour qu'ils ont tort !
Et dire que ceux qui écoutent Clapas ont raison....
Bonne Année !
Bruce Torrente
Novembre 2012
L’EPRA A MORT
Une fois encore, la Gauche est en train de faire ce que la Droite n’osait pas faire.
En mettant à mort l’EPRA (GIP d’Echanges et Productions RAdiophoniques), les ministères de la Ville et de la Culture vont enterrer 20 ans d’action radiophonique de proximité. Et rétablir les murs entre vous et nous, nous et nous. Certes, les émissions produites sur le terrain par nos radios ne déroulaient pas le tapis rouge aux pouvoirs de tout poil. Mais les cités, les quartiers, les ateliers, les lieux alternatifs, les têtes chercheuses, les voix cassées, les passions défriquées, les accents étrangers… tout ça nous regarde et nous devons l’écouter et le faire entendre. Micros tendus. Mettre un peu de thunes dans le bastringue, c’était la moindre des choses pour l’Etat, le minimum citoyen pour ce bel objet : « Favoriser l’intégration républicaine et promouvoir la lutte contre les discriminations ». Qu’ils disaient… Cet objectif affiché restera comme une antienne opportuniste et démagogique. Une de plus. La lutte pour le vrai doit continuer, malgré tout.
Claude Frigara
Septembre 2012
Grille 2012 / 2013, demandez le programme !
Le Conseil d’Administration, les permanents et les animateurs sont heureux de vous annoncer la naissance de la nouvelle grille des programmes 2012/2013 !
Que les auditeurs fidèles du 93,5 FM soient attentifs car cette grille connaît cette année quelques évolutions substantielles, avec son lot d’arrivées et de départs et des changements d’horaires pour quelques émissions. Mais toujours la même exigence de qualité et la même pluralité de thèmes abordés : art, culture et littérature, info locale, société, santé, environnement, musique…
Au programme, de l’actu commentée, Rassurez-vous on est pas payés, décrochage RFI, de l’info locale avec le Clap’Infos et l’agenda préparé par nos journalistes, de l’art et de la culture avec notamment la reprise de Danse Actu, Percussions du Monde, Donde La Salida, Toile Etoile, une nouvelle émission consacrée au théâtre…
La littérature sera encore à l’antenne avec la poursuite de Livres à vous, A Voix Haute, Rêves, et peut-être l’arrivée d’une émission animée par l’association des amis de la librairie montpelliéraine Le Grain des Mots…
Parce que Clapas est une radio ouverte sur le monde tout en étant ancrée dans son époque et son territoire, les grandes questions de société ne seront pas oubliées : Tout Naturellement, L’Eau à la Bouche, Contre-allée, Amnesty International, Place 1901, les Mosaïques de l’EPRA. A travers le Point Information Jeunesse, la jeunesse montpelliéraine continuera à vous transmettre sa vision de la société, dans toutes ses composantes.
Et bien sûr la musique, omniprésente, dans toute sa diversité, ses origines et ses époques : le jazz, Ça va jazzer, avec de nouveaux rendez-vous, la (bonne) chanson française avec Sors tes Oreilles du Béret, Bulles d’Hertz, Léo à la radio, la musique classique avec Hard Monique, les musiques du monde avec Itinéraire Bis, Soleil Tropical, Reggae Vibes Story, le blues et le rock avec Just a Little Blues, Les Dieux du Rock, Rock’n’Pages, sans oublier les musiques urbaines, Push pas Mémé, Break Ya Neck, que l’on peut aussi écouter… à la campagne !
Impossible de ne pas trouver son bonheur auditif dans cette programmation musicale exigeante mais jamais élitiste.
Ajoutez à cela les rendez-vous avec le Patrimoine, les agendas culturels et les partenariats (Un disque avec la Gazette, Au Diago, les événements et festivals régionaux…) et vous obtenez la grille (idéale ?) pour cette nouvelle saison radiophonique.
Et Clapas continue à donner la parole aux auditeurs, à l’antenne et via le mur d’expression sur www.radioclapas.fr. Expression libre et que nous souhaitons toujours respectueuse et constructive.
Animateurs et administrateurs bénévoles, salariés, stagiaires et volontaires en service civique, tous vous souhaitent une excellente année radiophonique, à l’écoute du 93,5 FM de Radio Clapas.
Rodolphe Berneise
« A bonheur absent »
En juillet dernier, un événement sans précédent a mis en émoi tout l’hexagone… un black-out total de 13 heures chez l’opérateur de couleur orange. Mais qui a volé l’Orange ? Qui a privé 28 millions d’abonnés nomophobes de leur lien vital avec le reste du monde ? « Hexagonaze » dirait notre cher technicien Tom dans les Estivales 2012.
Toujours est-il que l’orange est passé au rouge et les abonnés sont verts de rage. Certains d’entre eux se demandent d’ailleurs encore s’ils ne feraient pas mieux de rejoindre la communauté de « ceux qui ont tout compris »…
Mais, ce qui aurait pu être une banale information, a vite pris des allures de cataclysme médiatique. Le PDG de la marque a même été sommé par le gouvernement de fournir des explications et de venir s’excuser publiquement dans les médias. « Un logiciel a lâché » nous a-t-il expliqué. Franchement, à quoi ça tient… Et en guise de dédommagement, il offre à chaque client, une place de ciné. Pour aller voir Orange Mécanique ?
Mais revenons aux conséquences du black-out. Grosse pagaille donc et une société entière qui vacille, habituée qu’elle est à être perfusée 24/24 au Haut Débit.
Pensez donc… Monsieur, en courses hebdomadaires au supermarché, n’a pas pu être téléguidé par sa ménagère de moins de 50 ans et accessoirement épouse… et a acheté la lessive rose au lieu de la bleue tant attendue. Ça vous fait rire ? Pas lui car de retour au foyer, il s’est pris un savon.
Place de la Bastille, ou dans les halls de gare du pays, des milliers de personnes se sont cherchés des heures durant, errant tels des zombis, morts d’inquiétude, épuisés et las d’arpenter la jungle urbaine à la recherche de l’être cher. Ça fait réfléchir, non ?
Mais voyons quand-même quelques aspects positifs à ce (non)-événement et notamment la disparition, dans nos espaces collectifs, de ces gens bizarres et sans-gêne qui exposent leur vie à voix haute, en particulier dans les transports en commun. Et que dire de ceux qui marchent et parlent seuls, les mains libres, dans nos rues et dont on se demande toujours s’il ne faudrait pas les ramener à l’HP
Et puis, notons quand-même que le temps d’une journée, des licenciements ont à nouveau été annoncés aux intéressés par courrier postal recommandé et pas par SMS… C’est pas positif ça.
Parlons-en des SMS ! Jordan n’a pas pu savoir, avant la récré, que Kevina voulait sortir avec lui… MDR ! Pas que de rire malheureusement. Car en 2012, un homme ou une entreprise peut mourir d’avoir été déconnecté. En fait, en ce vendredi 6 juillet 2012, la France est virtuellement morte 13 heures durant
Comme quoi, le bonheur, c’est simple comme un coup de fil… sauf qu’il n’y a plus de fil
Rodolphe Berneise
Mai 2012
Le choix français
C’est fait ! Ouf ! Il n’y avait rien de pire que d’envisager 5 ans, et simplement un jour de plus, le 7 mai, avec le même Président.
Sarkozy c’est fini, à chanter sur l’air de Capri, cela suffit à notre bonheur du jour.
Mais « le Petit Thiers », comme l’appelle Michel Butel dans son nouveau mensuel, l’Impossible, en référence au massacreur de la Commune, « le Petit Thiers » n’a pas « fait seulement un tiers ». Il a ramené sur son nom beaucoup plus de voix : 16,8 millions pour Sarkozy, contre 18 millions pour Hollande, soit un écart de 1,2 million sur 37 millions de votants.
Ce fut donc plus dur que prévu. Phénomène remarquable, la plupart des grandes villes, sauf Nice, Cannes, Aix en Provence, Toulon… ont toutes voté à gauche. Les ploucs, dirait Coluche, sont donc à droite ou pire, à l’extrême droite.
Le peuple de France, que François Hollande s’évertue à remercier, n’existe pas comme entité homogène et unie. Le 6 mai 2012, il y a bien deux sortes de peuple : celui massé à gauche et celui massé à droite. Quand le nouveau Président déclare haut et fort qu’il veut rassembler, c’est déjà de la démagogie, au sens propre, et le camouflage verbal de la réalité.
Sarkozy « candidat du peuple de France », ça faisait marrer le peuple de gauche. Hollande, « rassembleur du peuple de France » ça annonce la belle gifle que garde en réserve le peuple de droite.
Mais voici déjà venu le temps des nostalgies : le soir du 6 mai à la Bastille, Guy Bedos heureux se demandait cependant comment réécrire sa revue de presse et disait que Sarkozy allait lui manquer. Guy Bedos semblait oublier qu’il avait déjà lui aussi fait ses adieux à la scène.
Alors décidément on va manquer d’humoristes politiques. Car aujourd’hui on se dit qu’il faudra de nouveau attendre 5 ans pour voir des trotskistes à la télévision.
Claude Frigara
Février 2012
Civilisation paradoxale…
Les conseils ministériels étaient pourtant clairs : restez chez vous, bien au chaud. Et pourtant, nos sans domicile fixe s’obstinent à mourir dans le froid glacial de nos villes et campagnes. Quel mauvais goût ! Pendant ce temps, les Divas au nez poudré se font des fixes à domicile et se payent même le luxe de trépasser dans les eaux chaudes et parfumés des jacuzzis californiens. Un fait divers dans un palace… Encore un coup de l’étalon fougueux de la politique française ? Non, tout au plus un accident de poudreuse pour celle qui ne répondra désormais plus aux « Houston, répondez Houston ! ! ! »
Mais de ces deux manières de mourir, laquelle est la plus civilisée ? Une question qui doit tarauder l’homme de l’intérieur, l’homme du guet, l’homme du néant… Les déclarations du porte-flingue du petit Nicolas ont au moins eu le mérite de démontrer que l’on peut être Enarque, devenir ministre de la République et demeurer tragiquement ignorant de ce qu’est une civilisation. Pour paraphraser un célèbre humoriste, « Quand on en sait si peu, on devrait s'autoriser à fermer sa gueule ».
Au lieu de ça, ce sont les radios que l’on tente de museler insidieusement en essayant de faire la peau à l’EPRA, banque de programmes et importante source de financement des radios associatives et en particulier de votre fréquence montpelliéraine préférée. Les missions de l’EPRA ? L’intégration des populations immigrées en France et la lutte contre les discriminations…
La boucle est bouclée. Triste époque, vraiment.
Rodolphe Berneise
Décembre 2011
Triple A et vieilles dentelles
La nouvelle est tombée sur tous les télescripteurs, les téléprompteurs, les multi-vulvateurs à promptitude rapide, enfin bref sur tous les appareils qui font défiler les textes que lisent toutes ces blondes volontaires des chaînes infos en mal de starification : la nouvelle est tombée vous disais-je : « Clapas conserve ses AAA ».
Malgré la crise qui touche tous les secteurs de la mondialité mondialisante, malgré les incertitudes des agences de notations « Smith & Relouth » ou « Kounass & Hedge », la vénérable montpelliéraine n’a pas succombé aux vertiges de la morosité et ne verra pas sa note dégradée, au grand soulagement du Président Sarkozy qui du haut de sa granditude l’avait tant souhaité en secret.
Le premier Ministre en personne, dont on connaît pourtant les affinités avec « Droopy Fm », a jugé comme valeur nationale notre Jazz républicain, nos découvertes Françaises énergétiques et nos Infos nucléaires locales !
Le 93,5 conserve donc ses 3 A : Associatifs/Agitateur/Antidépresseur. Voici, chers auditeurs, une info majeure qui va nous permettre enfin de passer de bonnes fêtes de fin d’année.
On n'attendait que ça !
Bruce Torrente
Novembre 2011
« Et pourtant le monde bouge… »
Comme le chantait François Béranger.
Le 14 février 2011, on avait adressé un salut fraternel à Radio 6 Tunis, radio libre lancée sur le Web le 10 décembre 2007, 1ère radio libre et indépendante en Tunisie, qui avait suspendu ses programmes depuis le 28 décembre 2008 puis avait été mise sous scellés le 22 octobre 2009.
« A quand la reprise ?» s’inquiétait-on…
Après avoir vécu dans la fièvre, on l’imagine, la révolution dite du Jasmin, en décembre 2010 et janvier 2011, la radio annonce sur son site web qu’elle a repris ses émissions, même si elle n’a pas reçu d’autorisation officielle.
Elle s’estime très bien équipée, avec une régie technique opérationnelle, confortable, et a bâti une grille des programmes où défilent les reportages et les entretiens politiques, entre autres…
Il est actuellement très facile d’aborder le streaming et d’écouter sur la toile Radio 6 Tunis.
Si hélas notre méconnaissance de la langue limite l’aventure, le plaisir est là car la musique est très présente sur cette radio débridée.
Alors on ne peut que réitérer notre salut fraternel et on le fait volontiers depuis le studio de Clapas, sur fond d’Aragon / Ferré traduit en arabe et chanté par Madjid Ziouane :
Est-ce ainsi que les hommes vivent ?
Haga ennass iychou ?
La Méditerranée nous sépare et nous rapproche, la chanson sert de passeur et le cœur y est !
Est-ce ainsi que les hommes vivent?
Et leurs baisers au loin les suivent?
Claude Frigara
Octobre 2011
C'est la rentrée !
Après avoir promis, on a tenu !
Cette reprise annonce des changements comme chaque année.
Le jazz accuse le coup avec une disparition tragique et un départ, celui de Richard et son "Jazz it". Hadrien Volle stoppe le "CWKN house show", donc plus de Deep house sur l'antenne. Mais il y a aussi des arrivées. Nous accueillons un nouveau module quotidien avec Greg qui présente "Et vous, ça roule ?", un programme sur le handicap. Les farfelus compères de "Perdus sur les ondes" tentent un talk show le mercredi qui s'appelle "Rassurez vous, on est pas payés". On note aussi le retour de "la Place 1901" consacrée aux associations et qui sera assurée par la Maison du Tiers Monde de Montpellier. Enfin, nous saluons Julie Préciat qui donne un coup de fouet à sa "Bonne Pioche" : une heure le mardi en alternance avec l'émission santé de Nelly Temime.
Et, c'est dommage, RFI est diminué à 3 connexions par jour (12h,13h et 17h) pour des raisons techniques.
En conclusion, nous avons enfin mis en place l'installation du nouveau matériel de transmission. De l'avis de tous, c'est une réussite !
Juillet 2011
Voilà l'été !
Et une saison de plus qui se termine. Voilà l'été ! Clapas propose à nouveau une grille pour juillet puis une grille pour août et septembre. En vue, des rediffusions mais aussi des nouvelles chroniques conçues spécialement pour l'été et les Estivales qui sont de retour.
Radio Clapas va couvrir quasiment 30 festivals et vous offrir cette année encore un grand nombre de places via le Club des auditeurs. Parmi les festivals, du jazz et encore du jazz, avec les programmations exceptionnelles de Jazz à Sète et Jazz à Junas. De manière plus technique, Radio Clapas, installée depuis un peu plus d'un mois à peine, cherche toujours ses marques et surtout une solution satisfaisante pour assurer sa diffusion. Nous faisons pour le mieux. Votre fidélité à la radio historique et jazz de Montpellier est notre meilleure carte de visite. Le nombre de visiteurs et d'habitués du site nous convainc une fois de plus que les efforts portent leurs fruits.
Restez branchés tout l'été : fraîcheur et actualités au programme !
Avril 2011
C'est parti !
Nous y sommes ! il fallait bien que cela arrive. Les gentils promoteurs et leurs gentils millions croquent peu à peu les quartiers de Montpellier et les gentils propriétaires demandent aux gentils huissiers de justice de remettre gentiment les avis d'expulsions aux infortunés locataires.
La radio libre historique de Montpellier n'échappe pas à la règle et, après de longues inquiétudes et quelques rencontres avec des loups-garous, a réussi par ses seuls petits bras musclés à trouver refuge (payant bien sûr).
Dans un précédent édito de la fin 2010, nous nous engagions à des changements parmi lesquels celui concernant le son. Ce sera le cas dès vendredi 29 avril. Certes, nous devrons prendre le temps de transporter la radio et il faudra faire " tourner des bandes" . Mais nous serons de retour le 16 mai, en direct du 56, rue de l'Industrie à Montpellier, avec les émissions de la grille au grand complet.
En attendant, chers auditeurs Clapassiens, nous vous demandons un peu de patience, avant le grand retour... qui vous surprendra.
Bruce Torrente et Claude Frigara
Février 2011
« Et pourtant le monde bouge… »
Comme le chantait François Béranger.
Sous le poids des dictatures évidentes ou perverses, sous le joug de l’ignorance, de la corruption, du crime, les peuples somnolent, votent ou rotent, subissent, prospèrent ou s’étiolent.
Mais trop c’est trop. A intervalles séculaires, le monde bouge, une partie de la masse se révolte.
Qu’on la désigne par les termes d’esclave, de prolétariat, de bourgeoisie, de gueux ou de jeunesse étudiante, une partie de la masse est dans l’insurrection.
Les tyrans, tirés de leurs lits de jouissance, ont la mémoire courte et la reproduction spontanée.
Marx aurait dit que l’Histoire ne se répétait pas mais qu’elle bégayait : était-ce pour ne pas désespérer ce qui reste de genre humain conscient et politisé ?
Qui n’a pas droit au renoncement.
Demain est au bout des larmes, l’idée de justice l’éclaire comme une lampe.
Un salut fraternel à Radio 6 Tunis, radio libre lancée sur le Web le 10 décembre 2007, 1ère radio libre et indépendante en Tunisie, qui a suspendu ses programmes depuis le 28 décembre 2008… A quand la reprise ?
Claude Frigara
Janvier 2011
Drôle de week-end, comme on disait « drôle de guerre »
Alors que la « Révolution du Jasmin » en Tunisie fait se lever un vent d’espoir pour un pays depuis longtemps sous dictature, l’investiture en France de la présidente du Front national et son discours largement retransmis font se lever un vent mauvais sur l’avenir de notre pays.
Drôle de week-end, comme on disait « drôle de guerre ».
Le hasard – ce ne peut être que lui – fait aussi que l’écrivain Alexandre Jardin se fait entendre dans les medias en s’engageant de la manière la plus personnelle dans la dénonciation de ces « gens très bien » qui ont fait et peuvent encore faire la France, héritière de l’ignominie des années d’occupation nazie.
Drôle de week-end, comme on disait « drôle de guerre ».
Avec le Front National, c’est la gueule puante, hideuse, violente de l’idéologie de la haine, de la bêtise, du pouvoir dictatorial qui pointe à nouveau sa trogne. Au programme : cécité, surdité, amnésie au menu quotidien, avec instillation graduelle de poison pour hypnose collective. Confusion des arguments, détournement des concepts, dévitalisation des idées et des références, désinformation, abêtissement, acculturation, révisionnisme…
Lisons Alexandre Jardin.
Regardons vers la Tunisie qui lutte pour la démocratie. Il en émergera à coup sûr quelques vérités utiles à tous. Car seule la vérité est révolutionnaire, comme le disait Rosa Luxembourg.
Des vérités qui nourriront demain nos insurrections de citoyens, bientôt nécessaires.
Décembre 2010
Bilan à l'heure et autres pendules
Voilà cette année 2010 qui s'achève avec son lot d 'émotions radiophoniques, ses nouvelles têtes et ses nouvelles émissions qui nous apportent de grandes satisfactions. L'arrivée sur la grille de nouveaux passionnés tel que Rodolphe Berneise, Pierre Deltour, Benoît Guerrée ou l'écrivain Eugène Ebodé, prouve que l'envie de parler dans le « poste » est encore vive. La vie associative est toujours remise en question, toujours dénigrée par certains qui pensent spirituel de faire de nous des « subventionnés » à la solde de l'État ou autres institutions. Ceux-là mêmes qui, n'ayant jamais mis le nez « dedans » ne s'imaginent pas la difficulté et le travail nécessaire non pas pour la survie, comme certaines radios ont essayé de vous le faire croire, mais tout simplement la difficulté de garder sa place dans la bande FM.
Le projet numérique un temps repoussé arrivera et permettra aux radios commerciales de s'inventer de nouveaux appétits. A nous d'être vigilants, de peser sur le monde médiatique, de refuser les transformations telles que l'obligation publicitaire sur notre antenne. Radio Clapas, forte de ses 70 000 auditeurs semaine, de 47 émissions et de ses 36 heures de directs hebdomadaires reste la radio historique de la région, la plus ancienne. Les subventions que l'on nous reproche parfois ne suffiraient pas à payer nos 7 salariés. Le travail de ces derniers pour sauvegarder les emplois s'appuie sur un quotidien fait de projets et d'idées ainsi que sur un Conseil d'Administration compétent et avisé. Le Point Information Jeunesse (unique en France pour les radios), l'histoire du Patrimoine de notre ville et les multiples partenariats qui enrichissent chaque jour notre « Club des auditeurs » sont autant d'actions qui font la force de notre équipe, notre groupe… notre famille. 2011 sera une année de mouvement et de renouveau.
Clapas déménage ses studios et renouvelle les bases de sa diffusion afin d'en finir progressivement mais sûrement avec toutes les interruptions d'antennes qui, si elles ne sont pas de notre fait, n'en sont pas moins contrariantes. 2011 sera l'année d'un nouveau son et d'une qualité d'antenne revue à la hausse.
Une belle année à ceux qui nous écoutent pour « entendre » et un grand merci. Sur le tas de pierres poussent encore de belles fleurs !
Bruce Torrente
Septembre 2010
Visible !
Ah ! la radio… Sujet passionnant, sujet parlant. Aujourd’hui, il faut faire en sorte que la radio soit visible. Oui. Pas en premier lieu audible ni écoutable, VISIBLE.
La communication, la publicité des grandes chaînes privées ou de service public, même France Culture, affichent les visages des animateurs, des journalistes, des directeurs… L’image, ici comme partout, impose sa présence entre les oreilles.
Et qu’a-t-on fait de la présence de la voix à la radio ? Avec le son qui porte la parole qui se découvre en se faisant. Le son qui donne à entendre des voix qui devraient, pour raison d’être, avoir quelque chose à dire, avec du silence dedans.
Le son, la parole qui créent des ouvertures, qui passent des portes vers l’imaginaire de l’auditeur. C’est la conception d’une forme de radio en voie et en voix de disparition.
On peut en effet se poser la question : que devient la présence à la radio ?
Est-elle autrement que comme robinet : à infos, à publicités, à musiques, à talk-show, à débats ressasseurs, à propagande électorale, à promotions permanentes… La liste des flux déversés serait longue.
Il faut écouter pour voir ! Pour mesurer la distance entre la radio maniaque, en recherche exigeante de sa vérité, et la radio produit marchand ou vecteur idéologique.
Hors du fossé, une idée de la radio continue à exister, dans les interstices.
N.B. Nous ne sommes pas sectaires. La preuve ? Nous recommandons la lecture du dernier livre d’Alain Veinstein, Radio sauvage. Et l’écoute de ce qu’il dit de la radio qu’il s’ingénie à faire vivre depuis 40 ans, sur France Culture en particulier.
Claude Frigara |